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Leadership & Management

Anxiété au travail - pourquoi votre cerveau panique

MS

Marion Stromboni

Coach professionnelle • Corse

5 min de lecture
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Anxiété au travail  - pourquoi votre cerveau panique

Anxiété au travail : pourquoi votre cerveau panique face à l'incertitude

Vous ressentez cette tension familière dans la poitrine ? Ce cœur qui s'emballe avant une réunion importante ? Cette difficulté à dormir quand un dossier reste en suspens ?

Vous pensez être anxieux. Mais si votre cerveau était simplement en manque de repères ?

La différence change tout. Et comprendre ce mécanisme vous redonnera le contrôle.

Anxiété vs angoisse : comprendre la mécanique de votre cerveau

L'anxiété, c'est mental. Votre cerveau anticipe un danger possible, scanne l'environnement, imagine des scénarios.

L'angoisse, c'est physique. Votre corps traduit cette alerte : souffle court, cœur qui s'emballe, tensions musculaires.

Rien à voir avec une faiblesse personnelle. C'est votre biais de négativité — hérité de millions d'années d'évolution — qui scanne prioritairement les menaces pour vous protéger.

Nos ancêtres qui entendaient un bruit dans les buissons avaient deux options :

  • Supposer que c'était le vent (et risquer de se faire dévorer)
  • Imaginer un prédateur (et survivre)

Devinez qui a transmis ses gènes ?

Pourquoi votre amygdale s'affole en 0,1 seconde

Le vrai déclencheur de cet état ? L'incertitude prolongée. Pas le problème lui-même.

En situation floue, votre amygdale (centre de la peur) réagit instantanément :

  • Elle privilégie le scénario négatif
  • Elle imagine le pire cas de figure
  • Car une mauvaise nouvelle confirmée vaut mieux qu'un silence éternel

Résultat : surinterprétation, rumination, cortisol en boucle. Votre cerveau comble le vide... en vous gardant en alerte maximale non-stop.

Les 3 questions pour identifier l'incertitude cachée

Comment savoir si c'est l'incertitude qui vous ronge ? Posez-vous ces questions :

1. Ce qui m'inquiète est-il un fait ou un scénario ?

Fait : "Mon chiffre d'affaires a baissé de 15% ce trimestre." Scénario : "Si ça continue, je vais faire faillite d'ici 6 mois."

La distinction est cruciale. Les faits se gèrent, les scénarios se nourrissent d'eux-mêmes.

2. Ai-je un repère temporel clair ?

Votre cerveau a horreur du "peut-être un jour". Il préfère :

  • "Réponse attendue vendredi 17h"
  • "Point de situation lundi matin"
  • "Décision prise avant fin mars"

3. Est-ce que j'attends une info sans avoir osé la demander ?

Combien de fois ruminez-vous sur une situation... que vous pourriez clarifier en 5 minutes ?

Un appel. Un mail. Une question directe.

Souvent, l'anxiété n'est pas le problème. Mais le flou autour du problème.

La technique des 3 clarifications pour recadrer votre cerveau

Oubliez le "calme-toi". Ça ne fonctionne pas. Votre système limbique ne comprend que l'action concrète.

Voici la méthode en 3 étapes :

Étape 1 : Clarifiez ce qui est sûr MAINTENANT

Listez les faits vérifiables :

  • "J'ai 3 clients confirmés pour le mois prochain"
  • "L'équipe technique a validé 80% du projet"
  • "Mon associé revient de congés jeudi"

Cette base factuelle calme déjà votre amygdale.

Étape 2 : Nommez ce qui reste inconnu

Identifiez précisément l'incertitude :

  • "Je ne connais pas la position du client sur la proposition"
  • "L'issue de la négociation reste floue"
  • "Je n'ai pas de visibilité sur le planning de l'équipe"

Nommer l'inconnu, c'est déjà le délimiter.

Étape 3 : Fixez un point de suivi symbolique

Donnez-vous une échéance d'action :

  • "Si pas de réponse d'ici vendredi 17h, j'envoie un mail de relance"
  • "Lundi matin, je fais le point avec mon équipe"
  • "Si aucune nouvelle mardi, je prends mon téléphone"

Dès que votre cerveau retrouve du prévisible, votre système limbique se calme.

Pourquoi cette approche fonctionne-t-elle ?

Votre cerveau ne veut pas tout contrôler. Il veut une direction.

Les neurosciences le confirment : l'incertitude active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique. Votre cerveau traite "je ne sais pas" comme une menace réelle.

Mais dès qu'il perçoit un plan, même imparfait, le cortex préfrontal reprend le contrôle sur l'amygdale. La spirale anxieuse s'interrompt.

Le pouvoir du "assez bon"

Vous n'avez pas besoin de certitudes absolues. Juste d'assez d'informations pour avancer.

  • Un plan à 70% vaut mieux qu'une attente à 100%
  • Une décision imparfaite bat une paralysie parfaite
  • L'action dissipe plus d'anxiété que la réflexion

Transformez votre relation à l'incertitude

L'incertitude fait partie du leadership. Vous ne la supprimerez jamais complètement.

Mais vous pouvez changer votre réaction face à elle :

Au lieu de : "Je dois savoir avant d'agir" Pensez : "J'agis avec les informations disponibles"

Au lieu de : "Et si tout se passe mal ?" Demandez-vous : "Quelle est ma prochaine action concrète ?"

Au lieu de : "Je ne contrôle rien" Rappelez-vous : "Je contrôle ma réponse"

Votre anxiété n'est pas un bug. C'est une fonctionnalité de survie qui s'active au mauvais moment.

En comprenant ses mécanismes, vous transformez un ennemi en allié. Votre cerveau continue de vous protéger, mais sans vous paralyser.


Et vous, quand le flou s'installe : cherchez-vous la clarté ou nourrissez-vous le scénario catastrophe ?

Passez à l'action

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En tant que coach professionnelle certifiée basée en Corse, j'accompagne les dirigeants et managers dans le développement de leur intelligence émotionnelle et leur posture décisionnelle.

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